Trois ans après le début du conflit, qui a commencé le 24 février 2022, Phosphore, le média numérique Bayard Jeunesse des 14-19 ans, continue à parler de la guerre en Ukraine à nos ados. Avec une mission : leur donner des clés pour comprendre et agir dans le monde dans lequel ils grandissent…
Dans son numéro #5, le média numérique Phosphore, donne la parole à Isabella, une jeune Ukrainienne de 17 ans qui vit à Kyiv. Elle raconte aux lecteurs et lectrices son quotidien dans une ville en guerre, ses cours ponctués par les alertes aux bombardements, et ses loisirs qu’elle tente de conserver malgré la situation.

Alors que le conflit dure depuis plus de trois ans, Phosphore continue et continuera à parler de la guerre en Ukraine à ses lecteurs. Il est crucial à nos yeux que les ados d’aujourd’hui, qui sont les électeurs et les décideurs de demain, comprennent le monde dans lequel ils grandissent. Qu’ils appréhendent la géopolitique (les élèves de la spé HGGSP apprécieront), mais aussi les enjeux démocratiques qui se jouent en ce moment, et les conséquences des guerres sur le monde.
Contrairement à ce que nombre d’entre eux pensent, ce n’est pas un sujet loin de nous. Et les événements récents ne font que le confirmer. Il est important de montrer les répercussions concrètes du conflit sur notre quotidien : inflation, hausse des prix de l’énergie, soutien humanitaire… Il s’agit également de sensibiliser nos lecteurs aux droits humains. C’est pourquoi nous choisissons le plus souvent de leur montrer la vie de jeunes de leur âge (comme dans notre numéro #5). Pour qu’ils puissent par effet miroir se poser la question : “Et moi dans cette situation, je ferais quoi ?” Peut-être ces sujets pourront-ils inspirer l’engagement à certains. Une envie d’aider, de participer à des initiatives solidaires… Parler d’Ukraine, c’est donc bien plus que couvrir un conflit : c’est donner aux ados des clés pour comprendre et agir dans un monde en mutation.
Victoria Jacob, rédactrice en chef de Phosphore
Où en est-on de la guerre en Ukraine ?
Il y a bientôt trois ans, tu étais encore probablement au collège quand des chars russes ont envahi l’Ukraine. Retour sur l’origine de ce conflit et les espoirs de paix dans le numéro de Phosphore du 28 février 2025.
La sidération
Le 24 février 2022, les télévisions montrent des chars franchissant la frontière et des milliers d’Ukrainiens fuyant vers l’ouest. L’Europe est sous le choc. Le continent n’avait pas connu de telles scènes depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, cela faisait un certain temps que le président russe, Vladimir Poutine, se montrait menaçant : il craignait de voir l’Ukraine, un pays qui appartenait à l’URSS avant la chute du mur de Berlin, rejoindre l’Union européenne, ou pire l’OTAN (une alliance militaire entre plusieurs pays occidentaux). Un tel scénario aurait dissipé toutes ses chances de reconquête de ce territoire ! Dès 2014, la Russie avait montré sa volonté de dominer son voisin en annexant la Crimée puis en déclenchant une guerre dans le Donbass, deux régions ukrainiennes.

La résistance ukrainienne
Vladimir Poutine – à la tête du plus grand pays du monde – ne pensait faire qu’une bouchée de l’Ukraine. À tort. L’armée ukrainienne se préparait à une attaque. Elle s’était réorganisée et équipée d’armes plus modernes. Personne n’avait non plus soupçonné l’incroyable résistance du peuple ukrainien… encore moins celle de son jeune président, Volodymyr Zelensky. En refusant de quitter Kyiv (Kiev), alors que l’armée russe fonçait sur la capitale ukrainienne, il a su galvaniser son peuple. Tu l’as sûrement déjà vu, vêtu d’un treillis et d’un tee-shirt kaki, une tenue de chef de guerre qu’il ne quitte jamais, y compris quand il fait le tour des capitales pour demander de l’aide militaire.

Les soutiens internationaux
Ni les Chinois, partenaires des Russes, ni les Occidentaux, soutiens de l’Ukraine, ne veulent envoyer des hommes se battre de peur que le conflit ne devienne mondial. Mais chacun supporte son camp. L’Europe et les États-Unis donnent plus de 100 milliards de dollars à l’Ukraine. La Chine, elle, développe son commerce avec la Russie ; l’Iran et la Corée du Nord lui fournissent des munitions et des drones. Deux blocs s’affrontent, un peu comme pendant la Guerre froide, sauf que celle-ci fait des milliers de morts…

L’enlisement
Les mois passent et le conflit s’éternise. Pour renflouer ses troupes, Vladimir Poutine offre de belles sommes d’argent aux jeunes prêts à partir au front et annexe quatre nouveaux territoires en 2022. Côté ukrainien, la fatigue se fait sentir. Volodymyr Zelensky peine à recruter des hommes. En 2024, son armée pénètre pour la première fois en Russie, en grignotant quelques kilomètres dans la région de Koursk. Mais sur d’autres fronts, elle fait face aux tranchées creusées par les Russes.

Les espoirs de paix contrariés
On n’en a jamais autant parlé que depuis que Donald Trump a repris le pouvoir aux États-Unis ! Le nouveau président américain, qui en a marre de dépenser autant d’argent pour l’Ukraine, rêve d’apparaître comme celui qui signera la paix. Difficile pour l’Ukraine de ne pas se plier au désir de son premier soutien : Volodymyr Zelensky devra peut-être renoncer à certains de ses territoires… La Russie pourrait, elle, tirer son épingle du jeu en posant des conditions à toute négociation, comme celle de ne pas voir l’Ukraine rejoindre l’OTAN par exemple.

Article extrait du magazine numérique Phosphore #5 (28 février 2025) « Avoir 17 ans dans un pays en guerre ». Texte : Riva Brinet. © Photos : Aris Messinis/AFP ; Spencer Platt/Getty Images ; Iranian Defence Ministry/AFP ; Scott Peterson/Getty Images ; Anadolu via AFP.
Merci à Isabelle Facon, Directrice adjointe de la Fondation pour la recherche stratégique.